Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle du Puy-en-Velay au cap Finisterre
18ème jour : Auvillar (21 kilomètres)

vendredi 12 septembre 2008
Une fois arrivé à Auvillar :
- j'aurai parcouru 439 kilomètres
- il en restera 1200 à faire.
« On attelle bien les chevaux »
Moissac vendredi 12 septembre, un peu avant 9h.
Ce matin je me suis réveillé à 6h à la fois impatient et inquiet de partir.
Je sors de la Poste qui n'ouvrait qu'à 8h30. J'ai expédié le colis préparé hier : il faisait plus d'un kilo. C'est donc mieux que ce ne soit pas sur mon dos, d'autant plus que si hier mon essai de marche avec attelle le long du canal semblait concluant, je dois dire qu'aujourd'hui je sens une très nette différence avec le poids du sac qui se répercute dans la jambe.
Le temps est très menaçant : ciel gris et très bas. Il fait frais.
C'est parti, destination Auvillar à 21 km. J'ai vu sur le guide qu'il y avait en route d'autres possibilités d'arrêt au cas où ma jambe se ferait trop sentir.
Je suis donc le canal sur l'ancienne voie de halage qui sert également de piste cyclable, le «véloroute des deux mers». A ma gauche il y a le Tarn et de l'autre côté du canal, à ma droite, la grand-route et la voie de chemin de fer. Quelques vélos me croisent. C'est très calme malgré la circulation sur la grand-route et même si de temps en temps il passe un train. Ce n'est pas excessivement varié mais ça reste agréable et surtout c'est plat.
Un peu après l'écluse d'Espagnette, le Tarn se jette dans la Garonne qui désormais m'accompagne sur ma gauche.
Ma jambe m'accompagne également : elle est là, je la sens mais ça va.
Il n'y a aucun randonneur. Il faut dire qu'avec mon détour par la Poste je suis parti relativement tard et beaucoup ont dû prendre l'itinéraire normal qui monte et domine le canal : la vue doit y être belle mais j'ai préféré éviter cette épreuve à ma cheville.
Pour ménager ma jambe en convalescence j'apprends à marcher lentement. Ce n'est pas si facile que ça, il faut contrôler son pas : en cas d'excès je suis rappelé à l'ordre.
A plusieurs reprises je dois ajuster mon attelle : elle ne doit pas trop comprimer la cheville mais la maintenir et d'autre part il faut qu'elle entre dans la chaussure sans me blesser. Je finis par trouver le bon réglage.
Depuis Malause la voie ferrée et la route se sont éloignées du canal. Un silence royal. Pas un bruit, pas un chat, de temps en temps un cycliste, 4 ou 5 navires, la plupart battant pavillon britannique.
Le canal est bordé de magnifiques platanes qui par forte chaleur doivent créer une ombre bienveillante, mais aujourd'hui, avec ce ciel très couvert et ce soleil sporadique, il y fait presque froid.
Son de cloches au niveau de Pommevic. :
Après Pommevic je quitte le canal pour en traverser un nouveau : le canal de Golfech, celui de la centrale nucléaire du même nom dont j'aperçois les tours de refroidissement dans le lointain.
Peu après je dépasse un couple de randonneurs avec un âne. Dans un des paniers il y a un chien. A la question d'une dame sur le bord de la route, ils répondent que le chien a mal à une patte et qu'ils ont trouvé ce moyen pour continuer.
Vers 13h, pause casse-croûte à l'écart de la route : calme absolu pour déguster un petit sandwich poulet-mayonnaise acheté à Moissac, et une pomme. Le temps est toujours mitigé mais dès que le soleil apparaît il chauffe un peu.
A la sortie d'Espalais, devant l'église, juste avant le pont suspendu, grand rassemblement de randonneurs qui profitent de quelques bancs pour casser eux aussi la croûte. Quand je dis grand rassemblement c'est-à-dire environ 10 personnes.
14h je traverse le pont suspendu sur la Garonne ; à gauche au sommet d'une colline, Auvillar. Il était temps, ma cheville exige un arrêt.
Le gîte d'étape communal d'Auvillar est très agréable. On est quatre dans la chambre, sans lits superposés. Il y a beaucoup d'espace, une chaise pour chacun, la pièce est très lumineuse avec une vue magnifique sur la vallée et accessoirement sur la centrale nucléaire. Je recommande cette halte.
Je m'allonge deux heures avec de la glace trouvée dans le réfrigérateur : urgence numéro un, faire taire cette cheville.
Pendant ce temps, vers 15h, la pluie se décide à tomber en gros abats : décidément j'ai de la chance de ce côté.
Nous sommes quatre hommes dans la chambre, tous d'un certain âge. Un souffre d'à peu prés le même mal que moi et les deux autres se pommadent à tour de bras en se plaignant de leur dos, de leurs jambes. Ils sont tous épuisés : il ne fait pas bon être vieux.
Une fois le soleil revenu et ma cheville reposée, je pars visiter la ville exceptionnelle avec ses vieilles maisons, son ancien port, sa halle circulaire, sa tour de l'horloge et sa terrasse avec une vue magnifique sur la Garonne.
Le soir je m'offre un repas gastronomique au Baladin : foie gras, magret... Je compense.
Pour demain j'ai réservé à Castet-Arrouy à 22km. Ce soir ma cheville a l'air paisible mais je vais garder encore quelques jours ce rythme d'une vingtaine de kilomètres par jour.


Commentaire #1 du : Fri 29 May 2009, 15:01:22
Commentaire #2 du : Fri 29 May 2009, 19:47:57
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