Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle du Puy-en-Velay au cap Finisterre
Arrivée au point de départ : Le Puy-en-Velay
lundi 25 août 2008
Il reste 1639 kilomètres à faire.
Ca y est c'est parti ! Cette dernière semaine j'ai mis le paquet pour finir quelques bricolages en cours : résultat j'ai des courbatures partout. Cette journée d'approche devrait me reposer. Cette nuit j'ai refait plusieurs fois mon sac en rêve. Je suis un peu stressé devant l'inconnu de ce qui m'attend. Un point positif : il fait très beau contrairement aux jours précédents.
Donc départ en train pour Le Puy en Velay. Dès la gare de Lyon je trouve des "pèlerins", certains reconnaissables à la coquille qu'ils ont accrochée à leur sac. Le flot va grossir jusqu'au Puy. Je me demande ce que ce serait en pleine saison. En route, le train de Saint-Etienne au Puy joue les touristes avec de beaux points de vue sur la Loire (se mettre à droite). Il prend son temps et s'arrête à chaque gare. A l'une d'elle une femme descend avec deux énormes valises ; un homme attend en fumant dans sa voiture, un bras à la fenêtre de la portière ; la femme devra mettre elle-même les valises dans le coffre, il ne bougera pas le petit doigt ! Une autre femme, voile sur la tête, m'intrigue : elle tire un énorme sac à roulettes mais celles-ci sont au-dessus. Dans le compartiment, d'autres pèlerins que je retrouverai ce soir au gîte.
Il y a une semaine j'ai réservé une place au gîte maison Saint-François : c'était déjà la dernière place ! A peine arrivé je me renseigne : le grand séminaire qui peut accueillir 200 places serait également plein. J'avais décidé d'avancer le nez au vent mais je change mon fusil d'épaule : apparemment ce n'est pas aussi calme que prévu, je réserve la prochaine nuit à Saint-Privat d'Allier.
Le gîte est très calme et, ô surprise, j'ai droit à une chambre seul. Je profite de ce confort inattendu, la suite ne sera sûrement pas aussi luxueuse. J'ai pris la demi-pension. Le repas est simple mais copieux. J'y rencontre mes premiers compagnons de route. A ma table nous sommes trois "solitaires" : un prêtre de Honfleur qui ne marchera que deux semaines (je le verrai demain matin co-célébrer la messe des pèlerins avec l'évêque) et un retraité de Saint-Nazaire qui va jusqu'à Saint-Jacques ; je le retrouverai plus tard à Puente la Reina et au-delà. La question, qui deviendra rituelle, est "pourquoi faites-vous le Chemin ?". En fait je n'ai pas de réponse précise. Ce n'est pas religieux, ça c'est sûr (ça surprend un peu mes compagnons) mais pour le reste c'est un mélange de défi personnel et une envie de marcher sur les traces de ces milliers de pèlerins de tous les temps et de toutes les nations qui m'ont précédé. Peut-être aurai-je une réponse au bout.
Evénement important : c'est dans ce gîte que ma crédenciale reçoit son premier cachet. Craignant de ne pas trouver ce document sur place (si j'arrivais hors des heures d'ouverture des centres d'accueil pour pèlerins par exemple) je l'avais commandée sur Internet auprès d'un éditeur de guides. Cette fois c'est sûr je suis sur le Chemin !
Après le repas je vais revisiter la cathédrale (j'y avais déjà fait un petit tour juste en arrivant). Il n'y a personne. J'étais déjà venu ici quand j'étais jeune lors d'un camp de scouts dans la région (à l'époque j'habitais Saint-Etienne). Il y avait de l'orage, du tonnerre et des éclairs. C'était très impressionnant d'autant plus que tout à coup avait retenti un "on ferme l'église" qui menaçait de nous y laisser enfermés pour la nuit. Coïncidence, ce soir retentit le même avertissement : j'ai mûri, je n'en éprouve plus la même crainte !
Je fais également une petite visite de la vieille ville qui a du charme, avec ses ruelles, ses maisons aux statues pieuses en façade. J'en profite pour faire une reconnaissance du chemin à suivre pour demain. Certains s'engagent dans cette aventure sans beaucoup de préparation : j'explique à un futur pèlerin qui m'accompagne la signification des signes rouge et blanc qui jalonnent le GR65 que nous allons emprunter jusqu'en Espagne.
Je devrais consacrer plus de temps à parcourir la ville mais je me promets de revenir à une autre occasion visiter le cloître et les autres monuments : je suis pressé de me tester sur la première étape.


Commentaire #1 du : Sun 28 August 2011, 09:09:58
Commentaire #2 du : Wed 31 August 2011, 09:32:11
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