Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle du Puy-en-Velay au cap Finisterre
52ème jour : O Cebreiro (12 kilomètres)

jeudi 16 octobre 2008
Une fois arrivé à O Cebreiro :
- j'aurai parcouru 1389 kilomètres
- il en restera 251 à faire.
Jeudi 16 octobre, je quitte Vega de Valcarce.
Ce matin j'ai donné mon reste d'anti-inflammatoires à un Français qui a une tendinite à une cheville. Je lui ai conseillé de trouver une attelle (je garde la mienne au cas où) mais il pense qu'il pourra s'en passer, il va éviter la montée vers O Cebreiro en prenant un bus jusqu'à environ 100 kilomètres de Saint-Jacques, puis finir tant bien que mal à pied. Ces fameux 100 kilomètres, c'est la distance minimum exigée pour pouvoir obtenir la Compostela, le « diplôme du pèlerin ». Il me semble que l'important c'est de pouvoir se dire « je l'ai fait » et non pas la Compostela, mais à chacun son point de vue.
Il pleut et avec la montée qui s'annonce ce n'est pas une bonne nouvelle. Inquiet devant ces conditions difficiles un pèlerin décide de se décharger de sa guitare et la confie à l'auberge à l'attention des pèlerins qui suivront.
En sortant de Vega de Valcarce je suis intrigué par la musique qui sort d'une église. J'entre. C'est un pèlerin qui a sorti de son sac une trompette et qui rend hommage à sa manière à la patronne des lieux, Sainte Marie-Madeleine :
La pluie assez forte au départ se transforme peu à peu en crachin. Le paysage est splendide avec une alternance de nuages et d'échappées sur la montagne couverte de genêts. Je fais route avec un couple d'Espagnols de Barcelone, Pascal et Mariana. Désormais on est en Galice. Nous arrivons vers 12h30 au sommet, à O Cebreiro, le trajet a été un peu long mais pas aussi difficile qu'annoncé, la fraîcheur due à la pluie nous a tout compte fait facilité la tâche. Dans le ciel un peu de bleu, peut-être que ça va se lever.
Après ravitaillement dans une mini-épicerie tenue par un habitant (il faut sonner chez un particulier pour qu'il vienne nous proposer ses trésors), pause repas face à la vallée, un panorama magnifique. Le pique-nique est interrompu par une pluie diluvienne. Certains marcheurs reprennent la route sous l'averse, Pascal et Mariana décident de rester à l'auberge ; des autochtones leur ont prédit du beau temps en soirée et demain ; ils préfèrent attendre ici pour pouvoir profiter de la vue demain à la descente. Je me range à leur avis. L'auberge est très moderne, spacieuse et super-équipée, de presque vide en début d'après-midi elle sera pleine le soir, ça sent le chien mouillé mais contrairement à Carrion de los Condes ici il y a de la place pour faire sécher ses vêtements.
Aujourd'hui c'est un jour un peu particulier, c'est mon anniversaire, je ne suis pas oublié, je reçois des coups de fil de France. Le soir le soleil est effectivement apparu et le ciel est dégagé, au repas je m'octroie du vin, la première fois depuis mon départ (si on exclut la petite dégustation à Irache), quelqu'un trouve même une bougie : la tête me tourne un peu mais j‘arrive à la souffler.


Commentaire #1 du : Wed 15 July 2009, 12:22:25
Commentaire #2 du : Wed 15 July 2009, 12:49:12
Commentaire #3 du : Fri 24 September 2010, 13:44:23
Commentaire #4 du : Sun 03 October 2010, 11:31:41
Commentaire #5 du : Wed 19 January 2011, 23:47:38
Commentaire #6 du : Thu 20 January 2011, 08:56:22
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